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Perplexity Labs : lancer un business avec l’IA, mythe ou réalité ?

Perplexity et Perplexity Labs dans une PME : ce que l’outil fait vraiment d’après son annonce officielle, ce qu’il ne fait pas, le taux d’erreur mesuré par la Columbia Journalism Review, les engagements sur vos données, et cinq règles à poser en interne.

Une feuille de papier fin pliée en accordéon à arêtes vives, ombres dures projetées vers le bas à droite.

Perplexity est un moteur de réponse : il cherche, il rédige, et il affiche ses sources sous chaque phrase. Perplexity Labs, lancé le 29 mai 2025, est un mode de plus qui fabrique des documents à partir d’une consigne. Beaucoup de textes en ligne, dont l’ancienne version de cet article, lui prêtaient des capacités qu’il n’annonce pas : chatbots clients, séquences de relance par SMS ou WhatsApp, qualification de prospects. Ce que je décris ici vient de trois sources datées, listées en bas de page, et d’un scénario que je présente comme tel.

Des feuilles de papier fin empilées à plat et visiblement désalignées, ombres dures projetées vers le bas à droite.

Ce que Perplexity Labs fait vraiment

L’annonce officielle du 29 mai 2025 est précise. Labs « can craft everything from reports and spreadsheets to dashboards and simple web apps », soit des rapports, des tableurs, des tableaux de bord et des applications web simples. L’outil travaille seul « 10 minutes or more » et s’appuie sur « deep web browsing, code execution, and chart and image creation » : navigation approfondie, exécution de code, création de graphiques et d’images. À son lancement, il est réservé aux abonnés Pro.

Trois briques concrètes, toujours d’après la même annonce :

  • Génération de code : Labs écrit et exécute du code pour structurer des données, appliquer des formules, produire des graphiques, des documents ou des tableurs.
  • Assets : tout ce qui est produit pendant la tâche, graphiques, images, fichiers CSV, code, est rangé sous la requête et se télécharge.
  • Mini apps : de petites applications interactives, « basic dashboards, slideshows, and websites », déployées sous la requête, sans outil de développement externe.

Le même texte situe Labs par rapport au mode Research, qui répond à une question approfondie « typically within 3 or 4 minutes ». Labs prend plus de temps et rend plus de fichiers.

Ce qu’il ne fait pas

Rien, dans l’annonce, ne parle de chatbot pour vos clients, de relance automatique par SMS ou WhatsApp, ni de qualification de prospects. Ce sont des automatisations, et elles se montent avec d’autres outils : je détaille par où commencer dans comment créer un agent IA quand on est une PME, et le versant technique dans l’automatisation avec n8n. Perplexity Labs produit un document ou une petite application ; il n’exploite pas votre activité à votre place.

Trois usages qui tiennent en PME

Prenons une entreprise de douze personnes qui vend des équipements aux artisans. Le scénario est imaginé, il sert à montrer où l’outil rend service et où il casse.

1. Un dossier sourcé avant une décision. Le dirigeant hésite entre deux logiciels de gestion. Une question en mode Research rend en quelques minutes une comparaison avec ses sources. Ce qui casse : une source citée qui, une fois ouverte, ne dit pas ce que le résumé lui fait dire. La règle qui en découle est plus bas.

2. Un tableau de bord à partir d’un export. L’export des ventes du trimestre, un fichier CSV, est confié à Labs avec une consigne : ventilation par gamme, par mois, par commercial. Dix minutes plus tard, un tableau de bord et les fichiers dans les Assets. Ce qui casse : une colonne mal nommée dans l’export, et un total faux que personne ne relit parce que le graphique est joli.

3. Une présentation jetable pour un comité. Une idée de nouvelle offre, un comité dans deux jours, pas de temps pour un designer. Labs monte une présentation simple. Ce qui casse : rien, tant que tout le monde sait que c’est un brouillon pour décider, pas un support client.

Une rangée de cartes de papier qui dérive progressivement hors de l’axe, ombres dures projetées vers le bas à droite.

Les risques, mesurés

Les citations se trompent, et avec assurance

Le Tow Center de la Columbia Journalism Review a testé huit moteurs de recherche IA le 6 mars 2025 : 200 extraits d’articles de presse, 1 600 requêtes, pour voir si chaque moteur retrouvait l’article, l’éditeur et l’adresse d’origine. Résultat global : plus de 60 % de réponses incorrectes. Perplexity fait le meilleur score du lot avec 37 % d’erreurs, et sa version payante Perplexity Pro fait moins bien que la version gratuite. Grok 3 est à 94 % d’erreurs.

Les auteurs écrivent : « Most of the tools we tested presented inaccurate answers with alarming confidence, rarely using qualifying phrases such as “it appears,” “it’s possible,” “might,” etc. » Autrement dit, l’outil ne doute pas à voix haute. C’est à vous de douter.

Vos données : lisez la page de l’offre que vous utilisez

La page Enterprise de Perplexity, lue le 3 septembre 2026, prend des engagements clairs pour ses clients entreprise : « We never train our LLMs on enterprise customer’s data », certification SOC 2 Type II, conformité RGPD annoncée, rétention des fichiers configurable jusqu’à un jour, gestion des accès par SSO. Ces engagements sont ceux de l’offre Enterprise. Je n’ai pas lu d’engagement équivalent sur les pages publiques de l’offre grand public ce jour-là. Avant de coller un fichier client, un devis ou un extrait de paie dans un compte gratuit ou Pro, ouvrez la politique de confidentialité du compte que vous utilisez, et écrivez la règle noir sur blanc : c’est exactement le rôle d’une charte IA en entreprise.

Une feuille de papier déchirée droit en deux, les deux moitiés écartées, ombres dures projetées vers le bas à droite.

Cinq règles à poser en interne

  1. Ouvrir chaque source avant de reprendre un chiffre. Un lien affiché n’est pas un lien vérifié : 37 % d’erreurs chez le meilleur du test CJR.
  2. Aucune donnée nominative de client dans un compte individuel. Enterprise avec ses engagements écrits, ou rien.
  3. Une tâche, un document, une relecture. Le tableau de bord de Labs se relit ligne à ligne la première fois, comme le travail d’un nouveau stagiaire.
  4. La décision reste humaine. Labs produit un document ; il ne signe ni devis ni contrat.
  5. Mesurer le temps réellement gagné sur quatre semaines, pas celui annoncé. Si personne ne rouvre les fichiers produits, l’outil n’a rien fait gagner.

Perplexity face à ChatGPT et Claude

La différence visible tient en une chose : Perplexity affiche ses sources par défaut et organise son usage en trois modes, Search, Research, Labs. ChatGPT et Claude ont leurs propres fonctions de recherche et de fichiers. Je ne les départage pas ici sur des chiffres que je n’ai pas mesurés. Le bon réflexe en PME n’est pas de choisir un champion, mais de fixer la règle d’usage d’abord, puis de former les personnes qui s’en servent : c’est ce que couvre la formation IA en entreprise en quatre heures.

Sources

  • Perplexity, « Introducing Perplexity Labs », 29 mai 2025, perplexity.ai/hub/blog/introducing-perplexity-labs (lu le 3 septembre 2026).
  • Klaudia Jaźwińska et Aisvarya Chandrasekar, Tow Center for Digital Journalism, Columbia Journalism Review, « We Compared Eight AI Search Engines. They’re All Bad at Citing News », 6 mars 2025, cjr.org.
  • Perplexity, page Enterprise, perplexity.ai/enterprise (lue le 3 septembre 2026).

Questions fréquentes

Qu’est-ce que Perplexity Labs ?

Un mode de Perplexity lancé le 29 mai 2025 qui rend un travail fini à partir d’une consigne : rapports, tableurs, tableaux de bord, petites applications web. Il travaille seul une dizaine de minutes ou plus, avec navigation web, exécution de code et création de graphiques. Réservé aux abonnés Pro à son lancement.

Perplexity Labs peut-il créer un chatbot ou des relances automatiques pour mes clients ?

Non, d’après l’annonce officielle. Il produit des documents et des mini-applications de démonstration, pas un système qui répond à vos clients ou les relance. Pour ça, il faut un agent ou une automatisation, avec un outil fait pour.

Peut-on se fier aux sources que Perplexity affiche ?

Pas sans les ouvrir. Le test de la Columbia Journalism Review du 6 mars 2025 (1 600 requêtes, 8 moteurs) donne 37 % d’erreurs à Perplexity, le meilleur score du lot, et un taux plus élevé encore pour sa version Pro. L’outil répond avec assurance même quand il se trompe.

Puis-je y mettre des données de mes clients ?

Les engagements écrits que j’ai lus (pas d’entraînement sur les données, SOC 2 Type II, rétention configurable) sont ceux de l’offre Enterprise. Pour un compte gratuit ou Pro, lisez la politique de confidentialité du compte, et posez la règle dans une charte IA interne avant que quelqu’un ne colle un fichier.